[their] language is not that of a survivable [...] agency* / en-dehors de l’anamnèse c’est toujours l’anamnèse





L’archive
their language is not that of a survivable agency / en-dehors de l’anamnèse c’est toujours l’anamnèse
est le nom d’une d’une résidence d’un an chapeautée par Folie/Culture.

Celle-ci prend la forme d’une archive avec/sur les blessures involontaires, comportant une travail de documentation numérique et d’écriture.



Par la dématerialisation forcée du projet, ces textes deviennent performance-allocution n’étant jamais advenues et ne pouvant advenir, partitions performatives, essais logorrhéiques - une recherche encorporée.

J’y lie des pratiques historiques de l’auto-violence en art à des perspectives mad, transféministes et queer. En mettant en place une auto-surveillance quotidienne, je documente, archive et écris avec/sur chacune de ces actions involontaires.





 



La résidence
J’y expérimente comment des pratiques et postures psychiatrisables exécutées dans le cadre d’une démarche artistique permettent d’échapper au pouvoir répressif des structures étatiques et des sanctions psychiatriques, tout en remettant en question la distanciation que de telles démarches peuvent mettre en place vis-à-vis la psychiatrisation de mêmes gestes.

Je me penche sur les discours créés par et sur l’art performance auto-violent, ses modes de présentation et son institutionnalisation, ainsi que le rapport que de telles pratiques entretiennent avec la psychiatrisation. Je navigue cette zone en faisant usage de la parole spéculative, de l’acte non prémédité, du secret, de la mémorisation et des discussions en huit clos.






Pratique
Mon travail fait appel à des postures historiques ou fictives considérées comme étant improductives, nuisibles, invivables. Je tente de complexifier une conception de l’art performance qui voudrait que cette pratique permette la souveraineté des gestes, une agentivité automatique déployée à même « son » propre corps. C’est dans cet esprit que je développe une pratique performative, textuelle et protocolaire qui tend vers la non-action. Ma pratique effectue un retour constant à des œuvres, gestes et vécus qui sont psychopathologisés et psychiatrisés, portant une attention particulière aux actes constitutifs d’une identité genrée. 

La re-prenonciation, la retranscription, la mémorisation et la logorrhée sont des tactiques qui se trouvent au coeur de ma démarche.

Plus récemment, je m’attarde à investiguer les manières d’être au monde et d’entrer en relation instaurés par le fait d’être psychiatrisé-e, et/ou de pratiquer des gestes psychiatrisés.










nb: 
1) * Ce texte est extrait de l’essai Antigone’s Claim : Kinship Between Life and Death (J. Butler, 2000).

2) la page d’accueil et la page sur laquelle vous vous trouvez présentement répliquent en tout point un template proposé par la plateforme web qui héberge ce projet. ce template, un site presque faux, est dédié à l’oeuvre I am too sad to tell you, de Bas Jan Ader. Afin de faire un clin d’oeil à l’avalisation de l’inquiétante tristesse de Ader, ainsi qu’à la rencontre fortuite de cette oeuvre dans un contexte virtuel aussi publicitaire et public, puis, à défaut de reenact ces larmes, la forme de la source a été répliquée.
email : alegrialgobeil@gmail.com